Extrait de la page 109
Ce soir-là, elle n'aura pas besoin de le retenir contre elle : il n'esquisse pas un geste pour se lever après l'amour. Il s'apaise contre sa cuisse mouillée dans l'odeur tendre de leur intimité et renonce à courir effacer les traces du plaisir. Sa femme réprouve sûrement ces débordements. Passé l'heure de forniquer, on se rince, on se rajuste et on redevient une personne propre qui peut regarder ses enfants en face. Lui s'est montré surpris, la première fois, qu'elle ne manifeste pas de dégoût pour son sperme répandu et se plaigne au contraire qu'il la laisse dans sa froidure pour courir vers la douche. Elle, elle n'allait pas se laver, ne fût-ce que pour rompre avec le sordide rituel de sa jeunesse, du temps où chaque seconde aggravait les dangers d'ensemencement et où nulle eau de Cologne pulsée au coeur même du lieu de perdition, ne suffisait à garantir l'impunité. Ils demeurent donc enlacés, se gardant bien de parler d'avenir.
12 years ago